Femme camerounaise, femme aimante, femme aimée, malgré les apparences.

Femme, j’ai patiemment attendu la fin des festivités qui marquent habituellement la journée du 8 mars, pour t’adresser cette correspondance.

Femme, une fois encore, une fois de trop, j’ai peur que tu aies défilé pour pas grand-chose. J’ai peur, une fois de plus, que tu n’aies pas encore compris que tu participes au maintien d’une société qui réalise son chiffre d’affaire annuel grâce à la vente du fameux pagne. Eh oui, au cas où tu ne le savais pas encore, supprimer le pagne du 8 mars, ce serait prononcer la faillite d’une société dont je tairais le nom. Mais ça, c’est un autre sujet…

Femme camerounaise, instruite, intelligente, travailleuse. Tu es plus avisée que veut le laisser croire ceux qui te distraient. Alors, écoute, si tu veux bien : que tu sois rurale, citadine, femme au foyer ou cadre, la vraie problématique n’est pas ce que tu réclames, ce que tu penses devoir être, ou ce que tu es sensée avoir et que l’on ne te donne pas. Femme, la vraie problématique est ce que tu es. Tu ne ressembles pas à la femme occidentale à laquelle tu veux ressembler. Les violences contre toi, les discriminations, sont réelles et palpables. Les grands défilés, les grands débats de femmes diplômées « occidentalisées » qui disent te représenter ne sont toutefois pas des solutions.

N’écoute pas, s’il te plait, les discours féministes qui, à mon avis, relèvent plus d’ambitions inavouées que de la réelle défense de tes intérêts. Femme camerounaise, la réelle solution réside dans la mise en valeur de ce que tu es, une femme. Une femme africaine consciente de son potentiel, dont l’ascension socio-professionnelle n’est pas un gage de respect de l’autre sexe ; dont la rémunération égale ou supérieure à celle de l’homme n’est pas un gage d’égalité. Finalement, être égal à l’autre est-il plus important que de gagner son respect ? Les femmes occidentales, qui semblent plus avancées que toi dans le « woman empowerment », sont-elles plus respectées ? Si tu es honnête, tu ne répondras pas par l’affirmative.

Femme camerounaise, je suis le premier à vouloir te voir plus présente au parlement, dans les ministères et les entreprises. Je suis le premier à m’indigner contre ces lâches qui te violentent, et qui te considèrent uniquement comme une main d’œuvre et une machine à faire des bébés. Mais je ne supporte pas de te voir te dénaturer. Tu vaux bien mieux que ça.

 A l’observation, les déviances de la fête ont été moins nombreuses cette année. Je te félicite. Quelles que soient les origines de cette date, ses thématiques s’appliquent forcement à toi, femme, mais différemment. Pense-y de façon moins bruyante.

Je ne peux terminer, femme camerounaise, sans te rappeler que tu as énormément de valeur aux yeux de Dieu. Au-delà de tes aspirations, et de ce que tu considères comme étant ta réalité, il demeure que la femme vertueuse est celle qui sera louée. Au-delà du 8 mars, c’est ce que je te souhaite. Que le Seigneur te bénisse !

 

Theophile HIOM II